Pour une autre histoire de la « modernisation » des pratiques d’élevage

Ce chapitre paru dans l’ouvrage Histoire des modernisations agricoles au XXe siècle, revient sur les conditions d’introduction des antibiotiques comme facteurs de croissance en France et au Royaume-Uni dans les années 1950.
PUBLICATIONS

Le 12 février 2025

Description de l'image

Sous la coordination de Margot Lyautey, Léna Humbert et Christophe Bonneuil, l’ouvrage Histoire des modernisations agricoles au XXe siècle est paru en 2021. L’ensemble des contributions, qu’elles proviennent de l’histoire environnementale ou encore de l’histoire des sciences et des techniques, permettent de questionner les modernisations agricoles du XXe siècle « non plus comme un processus nécessaire de la modernité mais comme un ensemble de choix sociotechniques [...] portés par des groupes d’acteurs situés » pour reprendre les termes des auteurs.

Parmi ces contributions, Delphine Berdah, historienne des sciences, questionne l’utilisation des antibiotiques comme facteurs de croissance au cours du XXe siècle dans un chapitre intitulé « Pour une autre histoire de la “modernisation” des pratiques d’élevage. Des antibiotiques dans les rations pour stabiliser les systèmes sociotechniques pharmaceutiques français et britannique ».



Voici le résumé du chapitre :

Ce chapitre revient sur les conditions d’introduction des antibiotiques comme facteurs de croissance en France et au Royaume-Uni dans les années 1950 et questionne ce postulat selon lequel sans ces médicaments, le tournant productiviste pris par l’élevage des porcs et des volailles à cette période n’aurait pu être pris. Prenant appui sur de nouvelles sources archivistiques françaises et britanniques des Ministères de l’Agriculture et de la Santé, comme de revues professionnelles vétérinaires, d’agriculture ou internes à l’industrie pharmaceutique, cet article s’éloigne de l’angle traditionnellement abordé par l’historiographie qui se penche sur les différents impacts que ces médicaments peuvent avoir (ou sont soupçonnés d’avoir) sur la santé publique et sur les politiques publiques mises en œuvre pour les contrôler. Il montre comment en revanche ces enjeux ont été pris en compte par différents experts –médecins, vétérinaires, biologistes, agronomes, nutritionnistes, toxicologues – appelés à se positionner vis-à-vis de ces médicaments et comment, contre toute attente, ces questions ont pesé peu de poids face à la nécessité de voir l’expansion d’industries pharmaceutiques puissantes, capables de soutenir le développement de la médecine sociale d’après-guerre.



Références :

Berdah, Delphine. 2021. « Pour une autre histoire de la “modernisation” des pratiques d’élevage : Des antibiotiques dans les rations pour stabiliser les systèmes sociotechniques pharmaceutiques français et britannique ». p. 101‑14 in Histoire des modernisations agricoles au XXe siècle, Histoire, coordonné par M. Lyautey, L. Humbert, et C. Bonneuil. Rennes: Presses universitaires de Rennes.

Margot Lyautey, Léna Humbert, et Christophe Bonneuil. 2021. Histoire des modernisations agricoles au XXe siècle. Rennes: Presses universitaires de Rennes.


Le chapitre est à retrouvé en intégralité ici.

Dans la même catégorie
Illustration image
Quelles sont les règles influençant les pratiques de prescription d’antibiotiques chez les vétérinaires ?
PUBLICATIONS
Illustration image
Réduire l'utilisation des antibiotiques en élevage
PUBLICATIONS
Illustration image
Est-ce que la baisse des prescriptions conduit à une dé-professionalisation ?
PUBLICATIONS
Illustration image
Classements accommodants. La gestion des molécules problématiques.
PUBLICATIONS
Illustration image
Les antibiotiques et l'essor du "Quick Farming" dans les zones périurbaines de l'Ouganda
PUBLICATIONS
Illustration image
L'utilisation d'antimicrobiens dans l'industrie agroalimentaire
PUBLICATIONS